La mission de la philosophie serait alors de faire éclater le toit de verre au-dessus de sa propre tête afin de remettre l'individu ...
Sloterdijk

idées

société

humanités

sciences

être

moteur de recherche

éditorial

agenda

Photo choisie au hasard

lettre d'info

contact

à propos

à l'école du possible

enjeux

connaissances

possible en actes

Imprimer cet article

Quelle interprétation de la crise ? Quelle prospective ?

masque  Gaudin Thierry — 04/03/2009

Quelle interprétation de la crise ? Quelle prospective ?

«I believe that banking institutions are more dangerous to our liberties than standing armies. If the American people ever allow private banks to control the issue of their currency, first by inflation, then by deflation, the banks and corporations that will grow up around the banks will deprive the people of all property until their children wake-up homeless on the continent their fathers conquered. » Thomas Jefferson

La crise financière commencée en 2007 est en général interprétée comme la conséquence de la multiplication des crédits « subprimes » s'appuyant sur des créances non solvables et plus généralement, des produits « dérivés ». C'est oublier que, depuis 1990, mondialisation du capitalisme, des crises se sont déclarées dans de nombreux pays différents (Thaïlande, Indonésie, Corée, Japon, Argentine, Russie...). Aux Etats-Unis et en Europe, l'instabilité a commencé en 1987 et donné lieu à des fluctuations aux causes multiples : en 1993, puis les affaires LTCM, ENRON, WORLDCOM et la bulle des nouvelles technologies en 2001.

Même si la perturbation actuelle est plus importante, du fait qu'elle touche l'immobilier, c'est-à-dire le gros du patrimoine des ménages, elle est loin d'être la première.

Son ampleur et ses conséquences restent très sous-estimées. Sans doute, les responsables économiques et politiques la minimisent pour éviter d'alarmer le public et déclencher des mouvements de panique. Mais il semble néanmoins que sa nature profonde ne soit pas comprise, ce qui risque de conduire à de fausses manoeuvres aggravant la situation : en particulier la focalisation sur le « sauvetage » des entreprises existantes, dont les techniques sont décalées par rapport aux besoins d’avenir, au lieu de procéder au sauvetage et à la reconversion des personnes et au développement des entreprises futures, actuellement naissantes.

Il y a donc besoin d’une interprétation plus large :

Ce que nous vivons actuellement est une transformation du système technique, c'est-à-dire une transition entre deux civilisations. Nous quittons celle de l'industrie, structurée autour de l'axe matériaux-énergie et nous allons vers une civilisation cognitive, structurée par l'axe temps-vivant.

Qu'est-ce à dire ?

Nos contemporains admettent volontiers que le microprocesseur (c'est-à-dire une contraction du temps, des opérations qui se déroulent en nano secondes, cent millions de fois plus vite que les neurones) a changé beaucoup de choses dans leur vie quotidienne: le téléphone portable, Internet transforment la manière de s'informer, de se rencontrer et de gérer ses affaires.

Il leur est plus difficile d'accepter que ces machines deviennent incontrôlables, précisément parce qu'elles vont plus vite que les neurones, d'où, en particulier, l'instabilité financière et aussi, ce qui est encore moins acceptable, la création d'une industrie « hallucinogène » capable de piloter les désirs et les choix du consommateur comme ceux de l’épargnant.

Les moyens de persuasion actuels, les plus puissants qui aient jamais existé, ont été mis au service de la commercialisation de biens et services plus ou moins futiles et entraîné une surconsommation débridée sans pour autant éradiquer la pauvreté. L’immense bulle qui éclate se mesure en T$ (milliers de milliards de $). Elle est d’un ordre de grandeur comparable au produit intérieur brut mondial et n’est possible que parce que comme les consommateurs, les épargnants sont sous influence aussi.

Nos contemporains admettent que la planète est limitée et que l'espèce humaine devrait mieux préserver la nature, notamment les autres espèces vivantes, animales et végétales. Il leur est plus difficile d'accepter les profondes transformations de comportement dans le sens d'une plus grande sobriété et d'une attention constante à la biosphère que supposerait un retour à l'équilibre.

Quelque convaincante qu'elle soit, cette construction de la conscience planétaire et des impératifs associés n’est pas perçue comme annonciatrice d'une transformation systémique. La réalité reconnue reste toujours celle de la mesure comptable, et la production par habitant, synonyme de richesse, reste l'objectif affiché. Or, il est évident qu'à produire toujours plus on épuise les ressources, on pollue et réduit la biodiversité, ce qui hypothèque la survie de nos descendants. Produire plus est donc un objectif déraisonnable, le Club de Rome l'a signalé, il y a près de quarante ans, dès 1970. Mais il n'y a de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. La raison n'allait pas dans le sens des intérêts immédiats dirigeants. Elle fut muselée.

La déraison, qui monopolisa le devant de la scène, s’appuie sur un présupposé philosophique, celui de la toute puissance de l'espèce humaine, qui n'aurait d'autre impératif que ceux de ses désirs, voire de ses pulsions. Or, les pulsions humaines se sont construites par un processus darwinien d'adaptation, portant sur des centaines de générations, lorsque nos ancêtres étaient des primates des savanes. Elles sont en décalage avec l'environnement actuel. Il serait raisonnable de les compenser par un travail d'anticipation, d'éducation et de structuration des relations, un projet de société durable.

D’autre part, l'histoire des transformations systémiques passées, celle de la révolution industrielle (18°-20° siècles) et celle de la révolution technique médiévale (11°-13° siècles) montrent deux caractéristiques qui devraient inspirer l'analyse de celle que nous abordons :

1-ce sont des scénarios mouvementés, mais dont le dénouement se compte en générations. Il serait bien imprudent d'espérer que les crises se terminent en quelques mois, ou même en quelques années.

2-la classe dirigeante est devenue incompétente car elle a été sélectionnée et éduquée pour le système technique précédent. Elle est remplacée. Ce remplacement s'effectue par un processus d'accumulation du capital, au profit des nouveaux gestionnaires, au comportement prédateur. Les détenteurs des « pouvoirs banaux » au Moyen âge, les fermiers receveurs en France et les landlords bénéficiant de la confiscation des « communs » en Angleterre.

Dès lors, on peut se demander quel est l'équivalent contemporain de ces prédateurs. Comme dans les transformations précédentes, ce seront sans doute les collecteurs de dépenses obligatoires. Ce ne sont pas tant les impôts, qui sont sous surveillance, mais les services publics dont la gestion a été déléguée à des sociétés privées qui ont par définition pour objectif d'accumuler : l'eau, l'électricité, les télécom, les péages, les frais de gestion bancaires. Il faut y ajouter les autres dépenses (logement, habillement, nourriture...) que les ménages sont obligés d'assumer. Le total peut représenter plus de la moitié de leurs revenus.

Mais à quel scénario peut-on s’attendre pour les prochaines années ?

Sans doute, le capitalisme est par nature instable. Dans un sens, cette instabilité a fait aussi sa force, puisqu'il met en oeuvre des réajustements qui sont dans sa nature même. Néanmoins, s'il s'agit, non pas d'une crise conjoncturelle, mais d'un changement global de civilisation, ses mécanismes régulateurs risquent d'être dépassés par l'ampleur de la transformation. Il faut penser, bien des auteurs l’ont déjà tenté (1), à l’après capitalisme.

Le point de départ est le décrochage du $ par rapport à l'or décidé par Nixon en 1971. Le taux officiel était de 35 $ l'once. L'once d'or vaut aujourd'hui, 25 janvier 2009, 900 $. Son prix a été multiplié par 25. Il serait plus juste de dire, en inversant, que la valeur du $ a été divisée par 25. Mais, comme il faut avoir l’air optimiste, on continue à évaluer l’économie en $, ce qui revient à la mesurer avec une unité qui n’est raccrochée à aucun étalon et à estimer la prospérité 25 fois ce qu’elle est.

Le décrochage de 1971 s'est fait sous la pression des déséquilibres. Si l'on poursuit cette logique déséquilibrée dans la situation présente, un scénario se dessine qu'il faut avoir le courage de regarder en face, car il ne correspond pas à tous nos voeux.

Les négociations entre la Chine et le Japon progressent. Dans un premier temps, elles engendrent un "serpent" monétaire, puis peut-être une monnaie commune, dominante en Asie (reste à savoir le rôle de l'Inde, qui est dirigée par un économiste remarquable).

Au vu de l'affaiblissement de la demande des Etats-Unis et de l'Europe, ces pays asiatiques n'auront plus qu'une solution : le fordisme. Autrement dit, pour recréer des débouchés internes à leur surproduction, il leur suffira de mieux payer leurs ouvriers et de laisser flotter leur monnaie, ce qui leur donnera aussi les moyens de mettre la main à l’international sur des ressources naturelles, vivrières et minières, ce qu’ils ont commencé à faire en Afrique et en Amérique du Sud.

Dès lors, l'Europe et les Etats-Unis, qui ont commis l'imprudence de laisser partir le savoir faire en Extrême-Orient, n'auront plus grand-chose à offrir en échange de tout ce qu'ils avaient l'habitude d'y acheter à bas prix. C'est un scénario hégélien : le retournement de situation entre le maître et le serviteur. Il faut s'attendre que le choc soit très rude, puisqu'il place l'Europe devant sa réalité : comment, avec ce qui lui reste de savoir faire et de ressources naturelles, assurer son auto subsistance ?

On peut imaginer que la situation soit beaucoup plus critique qu'en 29 car la transformation actuelle du système technique présente en plus, par rapport aux précédentes, un caractère nouveau : plus de la moitié de l’espèce humaine est urbanisée, donc éloignée des sources de nourriture et de matières premières, obligée de recourir à des circuits d’approvisionnements longs et fragiles. D’autre part, les terres ont été remembrées et l’agriculture industrialisée dans de nombreuses régions d’Europe et d’Amérique. Dès lors, l’espace rural n’est plus autant que par le passé capable d’accueillir des nouveaux venus.

En outre, une part importante de la population va trouver ses marges de manoeuvre réduites, voire annulées, car les dépenses obligatoires, sous la pression des nouveaux prédateurs, continuent leur progression alors que les revenus baissent. Elle va devoir tenter de quitter les villes où ces dépenses sont élevées, où règne aussi une insécurité croissante, pour se replier vers des lieux plus habitables où l’on peut s’approvisionner par des circuits courts.

Une minorité relativement privilégiée, profitant d'Internet, cherche alors à s'installer en milieu rural, à travailler à distance, se chauffe au bois et trouve une alimentation d'appoint, comme en temps de guerre, au moyen de potagers et de petits élevages domestiques.

Elle est suivie par une cohorte d'exclus, beaucoup plus pauvres, qui se porte vers des lieux où la terre et l'habitat sont peu coûteux, les villages délaissés par exemple. Ceux-ci cherchent aussi à survivre en dépensant un minimum, voire complètement en dehors des circuits salariaux, faute d'emploi accessible.

Ainsi, la tendance à l’urbanisation, considérée jusqu’à présent comme un fait acquis, pourrait bien s’inverser. Néanmoins, les villes, où vit maintenant plus de la moitié de l’humanité, ne vont pas disparaître. Les villes moyennes devraient se maintenir et même augmenter. Les villes étalées (comme celles qui se sont développées aux Etats-Unis depuis un demi-siècle : Denver, Houston, Phoenix…) et les mégalopoles seront sans doute restructurées de manière à consommer moins d’énergie (à cause du prix) et devenir plus « durables » (transports en commun, isolation et capteurs solaires, agriculture urbaine…)

Il est clair cependant que si les populations ne peuvent accéder à des positions de repli, du fait, entre autres, de la concentration de la propriété des terres, elles n'auront d'autre issue que de se révolter, et l’Histoire a montré qu’aucun pouvoir ne peut résister à la colère d'un peuple menacé dans sa survie. Les risques d’émeutes, de guerre, de constitution de dictatures populistes augmentent à mesure que les difficultés de survie se font sentir.

La prise en considération de ces éléments permet de situer les infrastructures stratégiques pour sauvegarder la paix. Ce sont en premier lieu celles qui rendent l'espace rural de nouveau habitable par une population autonome, c'est-à-dire capable, en cas de difficulté, de survivre de ses propres productions, sans pour autant être isolée du reste de la planète, grâce aux moyens modernes de communication.

On constate néanmoins que les orientations suivies depuis plus de vingt ans, étant exclusivement guidées par des impératifs comptables à court terme, vont exactement à l'opposé. Les services publics ruraux sont sacrifiés sur l'autel de la « rentabilité »,accélérant le gonflement des villes, lesquelles se comportent actuellement comme des trous noirs, aspirant les ressources en énergie et matières premières, accroissant les pollutions, donc hypothéquant l'avenir, et délaissant l'entretien des espaces naturels.

Le laisser faire économique actuel est donc un laisser-aller. Il va à l'encontre d'une stratégie de « jardin planétaire », qui devrait être celle du nouveau système technique.

Efficacité et/ou résilience ?

En outre, ce laisser aller est périlleux, pour une raison que permet de comprendre l'analyse de système : trop d'efficacité (économique dans ce cas précis) entraîne une perte de résilience, et, inversement, trop de résilience nuit à l'efficacité. Il y a donc un arbitrage nécessaire, qui pour l'heure ne fait pas partie des problématiques reconnues.

Prenons deux exemples :

1-L'agriculture : on se souvient de la famine qui, au 19ème siècle, obligea des millions d'irlandais à chercher refuge outre atlantique. Elle était due à ce que, ayant concentré leur production de pommes de terre sur les deux variétés les plus performantes, ces variétés se sont avérées fragiles et ont attrapé une maladie, ce qui déclencha la famine. De nos jours, la sélection de quelques espèces ou de quelques variétés pour leurs performances économiques diminue aussi la résilience du système. Il est arrivé que des récoltes de céréales, aux Etats-Unis, en fassent l'expérience. En outre, les plantes obtenues par manipulation génétique s'avèrent en général plus fragiles. La solution n’est donc sans doute pas de ce côté.

Globalement, la disparition accélérée des espèces sélectionnées par la nature est actuellement, du fait de l'action de l'homme, dix mille fois plus rapide que le rythme naturel. Elle fragilise l'écosystème terrestre. L'expérience Biosphère 2, menée en Arizona dans les années 80, a montré qu'un écosystème d'une diversité insuffisante (2800 espèces) n'était pas stable, et l'on ne sait toujours pas quelle est la diversité minimale garantissant une résilience suffisante. Plus précisément, le processus actuel d'extinction (la sixième de l'histoire de la planète) a été appelé anthropocène parce qu'il est dû à l'action humaine. On ne sait pas encore s'il est irréversible.

2-L'éducation : Au fur et à mesure de son évolution, l'éducation de masse s'est orientée vers les performances économiques et culturelles des élèves. Elle a progressivement laissé de côté la résilience, plus précisément les savoirs et savoirs faire élémentaires liés à la survie, que nos ancêtres transmettaient familialement à leur descendance.

Pour prendre un exemple brutal, il est paradoxal, au moment où personne ne peut plus dire « je ne serai jamais SDF(2 )», que l'enseignement des techniques de survie en milieu difficile soit réservé aux commandos. Il devrait évidemment être dispensé à l’ensemble de la population.

Plus généralement, la recherche des performances (selon des critères d’ailleurs souvent passéistes) a occulté le maintien d'une résilience de base, constituée non plus de savoir mais d‘une diversité de savoir-faire, de plus en plus nécessaire à mesure que la crise financière, plus dévastatrice encore que celle de 1929, exclut de l'économie un nombre croissant de citoyens. Cet exemple n'est évidemment pas le seul où la résilience a été sacrifiée à une forme ou une autre d'efficacité, imaginaire ou pas, dans l'éducation. Il est d’ailleurs vraisemblable que la perception confuse et implicite de ce décalage avec les réalités qui attendent les élèves est à l’origine d’une profonde démobilisation des enseignants comme des élèves. Rien n'empêcherait cependant qu'il en soit autrement.

La ou les monnaies ?

Cette dialectique de la résilience et de l’efficacité a été transposée (3) au cas des monnaies. Il est clair que la mise en place de monnaies internationales (essentiellement le $, l’€, le ¥ et la £) facilitent les échanges au long cours et le voyage des personnes, facteurs favorables à la paix.

Néanmoins, l’apologue de Ricardo (qui a été qualifié de « théorème » par les promoteurs du libre-échange) cache mal son caractère prédateur. Dès qu’un pays s’est spécialisé en perdant une partie de son savoir faire ancien, les termes de l’échange deviennent objets de négociation, et ce sont les rapports de force qui décident. Ainsi, sous les apparences du « doux commerce » se cachent souvent des mains prédatrices, voire esclavagistes (délocalisations) ou même maffieuses quand elles profitent de l’addiction du pays consommateur.

Or, la monnaie est l’expression de la confiance. Lorsque celle-ci est ébranlée, le système monétaire doit se reconstruire autrement. Si le sauvetage économique mobilise, comme actuellement, la création ex-nihilo de milliers de milliards d’unités, quelle confiance peut-on avoir dans un instrument de mesure aussi élastique ? Dès lors, il est probable que la création de monnaies de proximité va s’amplifier, comme expression de confiance et de solidarités locales, professionnelles, ethniques ou autres. Il est probable que certaines de ces monnaies seront transfrontalières. L’exemple du WIR en Suisse montre que les entreprises y trouvent leur avantage, en échappant aux contraintes et aux restrictions des banques.

Un paysage monétaire où coexistent des grandes monnaies et de la création monétaire basée sur de la confiance diminue certes la fluidité et peut-être l’efficacité du système, mais augmente sa résilience. Or, dans les temps qui viennent, la résilience, trop longtemps négligée, risque de redevenir prioritaire.

Thierry Gaudin

Janvier 2009

Exemples d'équipements de sauvetage :

1-la connexion haut débit de tout le territoire et la baisse du prix des communications, allant jusqu'à la gratuité dans les zones reculées.

2-la libre constitution de monnaies locales ou régionales, outils de solidarité et substitut aux monnaies officielles rendues inaccessibles par le manque d'emploi.

3-le renforcement des transports en commun ruraux, avec un service minimum garanti par les collectivités.

4-une infrastructure sanitaire composée de petites unités dispersées, apte à desservir efficacement jusqu'aux zones isolées.

5-le maintien et même la remise en service des bureaux de poste ruraux, qui peuvent aussi servir d'agences bancaires et autres téléservices dans les zones peu peuplées.

6-la gratuité de l'accès aux informations d'usage public, notamment tous les documents pédagogiques, techniques en particulier, les résultats de la recherche publique, la description des espèces animales et végétales, la cartographie, les documents administratifs non confidentiels.

7-la numérisation et le libre accès aux « classiques » culturels : littérature, musique, théâtre, cinéma, arts plastiques, art numérique etc...

8-généralisation de l'usage des logiciels libres, notamment pour tous les services publics, l'enseignement, la santé, les services sociaux, la fiscalité et les documents comptables.

9-la taxation des pesticides, engrais chimiques et autres substances polluant les nappes phréatiques et les sols. Plus généralement, une différenciation des taux de TVA selon l'impact écologique des produits.

10-la suppression aussi rapide que possible de pratiques archaïques, telles que le chèque bancaire, déjà disparu chez nos voisins belges, les formulaires papier et tous autres mouvements d'information qui pourraient aussi bien et même mieux passer par Internet.

11-La légitimité d'un encadrement beaucoup plus strict des pratiques financières ne procède pas d'une idéologie « libérale », mais au contraire de la nécessité de canaliser la puissance de la cupidité dans des directions où elle peut être utile à la biosphère, aux générations futures et à la vie en général.

Conclusions du rapport « The world in 2025, a challenge to reason » élaboré à la demande de la Commission européenne, délivré en Octobre 2008.

The planet is finite, and there is the limit.(4)

And the biosphere needs to be cared. This leads to the “planetary gardening attitude”.

Looking more precisely in economic terms, we find that economic accounting and measurements should be redesigned to take into account the realities that do not pass through the market or get irrelevant evaluation by a market.

We find also that huge public initiatives (5)should be prepared: reshaping the cities, protecting natural reserves of biodiversity, water supplying, facing the rise of the level of the oceans, stimulating the use of sober technologies with low greenhouse gas emissions... These should bear also positive Keynesian effects on the economy.

The concept of security, during the industrial age, was essentially a military concern. The limits of the planet may transform it into a global security concept where all sorts of rescues to hurricanes, floods and droughts and accidents will merge with classical security goals and be placed under unified command (6), using the same technologies.

Finally, we insist on the building of a world “state of law”. To cope with planetary limits, more regulations will be needed. They will have to be internationally accepted and enforced. In case of malpractice, international courts will be needed. Europe is the most diversified and active laboratory in the field. It is the region most able to promote this future world state of law.

Notes

1 Y compris des consultants d’entreprise renommés tel Peter Drucker.

2 Sans domicile fixe.

3 Par l’économiste belge Bernard Lietaer (« the future of money » et « Monnaies régionales » à la Fondation Charles Léopold Meyer pour le progrès de l’homme). Voir aussi http://www.lietaer.com

4 Until the time, if there is any, when mankind will be able to live, grow and multiply in space.

5 Mostly executed by private contractors

6 It is already the case in some countries for the navy, assuming both civilian and military security.

Commentaire(s)