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Ne pas se tromper de batailles

masque  Valabregue Antoine — 01/01/2009

Si nous sommes des « prématurés doués de conscience » (par le simple fait de dépendre d’une éducation longue contrairement aux autres espèces animales) comme le soutient Patrick Viveret sur le site de l’alliance civique pour l’humanité, le danger de la fausse radicalité serait de faire croire que les choses pourraient être simples en faisant sauter tel ou tel verrou.

Il appelle de ses vœux la construction d’une maturité émotionnelle à la hauteur de notre intelligence, nous le suivons sur ce terrain. Nous émettons un doute sur la capacité à construire une intelligence émotionnelle collective, pour contrer la « peste émotionnelle » qui a envahi l’Europe dans les années 30 et risque de se reproduire.

Si l’histoire de l’humanité est celle de la lente structuration de la singularité, alors l’élaboration de formes collectives plus respectueuses des êtres et de la terre ne verra le jour qu’à travers la priorité accordée à l’évolution individuelle.

Abd al Malik, dans un registre différent, sur une chaine de télévision prônait la réconciliation des individus de tous les horizons, plutôt qu’un appel à la haine dont nous sommes abreuvés. Le message christique utilise le Rap !

Penchons nous sur l’année 2008. Elle nous a montré :

1- les limites du capital financier.

Pourtant reste à comprendre pourquoi la classe politique n’a pas dit grand-chose lorsque la loi Glass Steagal de 1933 qui sépare les banques d’affaires et de dépôt est abolie en 99 ?

Les historiens du futur tenteront d’expliquer pourquoi nous sommes tellement bienveillants face aux criminels qui ont aboli ce décret. Pendant que nous continuons à nous acharner sur cette pauvre infirmière, rouage d’un être collectif dénommé Hôpital, qui s’est trompée de flacon, provoquant ainsi la mort d’un enfant amené par des parents qui paniquaient pour une angine.

Les historiens du futur se gausseront peut être du recrutement à l’école Polytechnique de Nicole El Karoui qui se réjouissait de la formation des élites financières, 5 mois avant le premier pic de la crise dans les colonnes du « Nouvel Observateur ».

La crise que nous traversons a, rappelons-le, son origine dans la prise du pouvoir par les ultra libéraux suite aux difficultés des keynésiens de relancer l’activité après les premières crises pétrolières des années 73 et 79 ; mais aussi suite aux risques supposés d’autogestion des entreprises(voir la lutte des Lip).

2 – La poursuite de la démocratie par la victoire d’Obama. Saura-t-il redévelopper le soft power pour abolir les guerres entre le Hamas et Israël et réciproquement? Saura-t-il faire baisser le niveau de vie des américains en douceur ?,…

Pourtant nos démocraties peinent, c’est un euphémisme, à considérer l’éducation comme la priorité des priorités, parce que les diverses parties qui la composent n’arrivent pas à trouver des terrains d’entente (un peu comme les factions rivales au sein du PS ?)

3- La puissance de la Chine au-delà des côtés ultra réactionnaires, en matière droits de l’Homme. Non seulement elle a montré sa forme lors des jeux olympiques mais elle a aussi prouvé qu’elle était en train de prendre une longueur d’avance. : 50 % de ses voitures seront électriques en 2020.

4- la permanence du mauvais gout, de la connerie et du mépris

Au coude à coude

  • Kouchner qui n’a perdu que 10 % de cote de popularité en disqualifiant le travail de Yama Rade, par pure jalousie et stratégie bas de gamme de « léchage du cul » de Carla Bruni-Sarkosy.
  • Manuel Vals en brandissant la menace d’un procès au sein du PS
  • Le juge d’instruction qui a mis en détention l’infirmière sus-citée.
  • Le gouvernement Sarkosy dans son acharnement au fichage dès le plus jeune âge, pour sa barbarie face à des réfugiés politiques, ses non promesses face aux sans logis, son refus de considérer la folie,…

Au sujet du fichage, le témoignage du président de la CNIL, (homme de droite sans langue de bois) relaté bien après la parution du livre de Virilio sur « l’université du désastre » est intéressant.

Charles Baudelaire revendiquait, nous le rappelle-t-il, le droit de s’en aller et le droit de se contredire. Or tout ce qui est mis en place dans la société policée numérique contribue à rendre obsolètes ces droits. Nous avons eu le fichier Edwige, intermède peu important (sauf bien sur à l’extension de la criminalité aux très jeunes) par rapport au fichier STIC lui-même (traçage par vidéosurveillance) lui-même futur gadget face aux nano particules indécelables au microscope, qui, à partir de 2015, pourront être éveillées à distance et permettre de connaître les moindres faits et gestes de notre intimité.

-Tous ceux qui ont cru qu’un rendement de 10 % du capital était faisable, via les fonds Madoff alors que des banquiers suisses refusaient d’investir, tout simplement méfiants du fait que le commissaire aux comptes n’était pas un étranger à la structure.

5-Quelques interrogations ?

Pourquoi la France a perdu les 4/5 de ses cafés en quarante ans ?

Pourquoi aucune nation n’est autosuffisante pour quoique ce soit ?

Pourquoi les pompiers refusent-ils d’intervenir sur les essaims de frelons « asiatiques » qui détruisent les abeilles ?

Pourquoi tant d’énergies sur les technologies ? Pourquoi l’humanité met-elle tant d’énergie pour éliminer, s’auto éliminer (nous renvoyons nos lecteurs au film sur « les Mâles en péril »)

Günther Anders, dans un livre paru en français cette année et préfacé par Jean Pierre Dupuy, nous dit : « Notre visée constante est de produire quelque chose qui peut fonctionner sans nous et se passer de notre assistance, de produire des outils par lesquels nous nous rendons superflus, par lesquels nous nous éliminons et nous nous« liquidons ». Cela ne change rien que jusqu’ici nous soyons restés loin d’atteindre ce but final. Ce qui compte c’est la tendance dont la devise est « sans nous »

Günther Anders travaille sur l’absence de haine et de scrupule développée par la guerre et par le télé-meurtre. Il parle de l’insensibilité "vue d’en haut" du pilote Claude Etherly, qui ayant refusé d’être traité comme un héros après avoir bombardé Hiroshima et Nagazaki, fut interné.
Cette insensibilité nous guette tous.

Alors nos vœux pour 2009 sont que chacun veille à ne pas se tromper de batailles, tout en faisant connaitre sur ce site les initiatives prises pour développer la conscience créatrice.

Commentaire(s)

Phil (Mtamorphiste du Possible L'Espace du mme nom ;-) ), le 21/08/2010 19:55:03

Bravo Antoine !

Un clin d'oeil fraternel de Nice ou je reviens aprs un tour du sud de la France en scooter...

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