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Pour un dispositif éducatif coopératif

masque  Valabregue Antoine — 03/01/2010

Au moment où la démographie mondiale, l’alimentation de tous, les désordres financiers et le réchauffement climatique ouvrent une crise majeure dans notre type de développement, au moment où le scientisme, la peur de l’autre et le repli « identitaire » constituent une des réponses possibles, il est vital d’accompagner ces formidables mutations technologiques, humaines et mentales pour réfléchir à la responsabilité de l’espèce humaine. Il apparaît que le jeu ne se joue plus dans l’ordre des seuls savoirs mais aussi dans de nouvelles façons d’être utile et de coopérer pour tenter d’être intelligent de sa vie. Tout en faisant le deuil des mondes parfaits et de l’éducation idéale.

Si être de gauche c’est privilégier le collectif et donc la redistribution des richesses ; être de droite c’est privilégier l’individu donc la responsabilité individuelle. A droite et à gauche il y a des gens sûrs d’eux, et d’autres plus hésitants. La situation de la planète aujourd’hui semble nécessiter une voie intégrant les priorités de droite et de gauche.  S’il n’y a pas de conscience de responsabilité individuelle on ne voit pas comment les choses pourront se faire. S’il n’y a pas une forte redistribution des richesses on ne voit pas comment ne pas aller dans le mur.

Du point de vue éducatif les choses sont un peu analogues. Il paraît important de tenir les deux bouts de la chandelle.
Donner le goût de l’effort, de la curiosité pour être responsable ; encourager la coopération, l’écoute de l’autre pour être solidaire.

L’éducation ne peut en aucun cas être une simple transmission comme le rappelle justement Pierre Frackowiak, ne serait-ce que pour acquérir la maîtrise de la langue. Nous devons donc nous situer sur le plan de la pédagogie.

Qu’est-ce que la pédagogie si ce n’est l’art de permettre à l’autre d’acquérir ce qui est à acquérir pour  réaliser ses finalités. Alors la question devient : y a t-il une pédagogie qui rend certain de ne pas engendrer la barbarie.

Admettons que nous puissions y arriver.

Pourrions-nous nous mettre d’accord comme le disent Marie Claude et Charles Payan sur les finalités d'un enseignement ? Ils proposent trois critères en interaction sans ordre

1- apprendre à vivre ensemble (donc en particulier écouter)

2- apprendre à désobéir (donc ne pas écouter forcément)

3- acquérir (construire) un ensemble de savoirs.

On ne peut pas vivre ensemble si l’on n’apprend pas à se connaître et si l’on n’apprend pas à considérer ce dont nous ne sommes pas faits, ce qui est beaucoup plus difficile à acquérir.
Le but n’est pas d’aimer tout le monde (ça a été le projet des chrétiens) mais de respecter l’autre et éventuellement de désobéir en son âme et conscience si l’autre ne vous respecte plus.
Donc nous avons besoin d’apprendre à sortir de la dépendance, de la fascination, tout en étant prudents.

Dans ce jeu, il s’agit de pouvoir quérir/construire l’information nécessaire aux projets d’avenir. Ce jeu ne peut se faire qu’en articulant connaissances, outils et processus pratiques sensibles et conceptuels.

C’est autour de ces préoccupations que nous orientons nos énergies et appelons chacun d’entre vous à venir apporter sa pierre au sein d’un vaste dispositif coopératif. Dispositif qui proposera des contenus et du tutorat de jeunes.

Commentaire(s)

Antoine Valabregue, le 03/01/2010 23:11:15

Nous rendrons compte de ce dispositif au fur et à mesure.

Dès maintenant chacun est invité à se porter présent.

Une réunion est prévue le premier février à Paris

Utilisateur Anonyme, le 17/01/2010 22:10:06

En tant que pédagogue, je ne me risquerai pas à dire que l’art de permettre à l’autre d’acquérir ce qui est à acquérir pour réaliser ses finalités est précisément la pédagogie.

Je ne sais pas quelles sont les finalités de l’autre. Je me fout d’ailleurs de ses finalités. Je ne sais pas ce qu’il doit acquérir. Je suis devant l’autre pour lui communiquer ma passion, ma folie, et quelques trucs que je connais bien pour bricoler avec la vie, la science, la métaphysique, les arts. C’est tout. Si l’autre s’emmerde avec moi, c’est fini. Et je dois d’abord moi, ne pas m’emmerder avec moi. Ëtre c'est cette passion de faire passer de l’autre côté du langage. La barbarie c’est l’écriture, c’est cette folie du signe qui paraît il contient la vérité et permet la transmission. La pédagogie, c’est la présence théâtrale et joyeuse de la parole et du corps.

J’ai transmis l’art du théâtre à des dizaines d’enfants, qui sont aujourd’hui de jeunes hommes et femmes. A peu près 80R0sont dans le métier. Ce n’est pas la meilleure chose que j’ai pu faire, mais je l’ai fait. Je leur ai permis de construire des savoirs, leur identité, des altérités. Mais j’ai toujours été hors « programme ». J’ai fait comme « je » le sentais. Et cela ne s’apprend pas. La pédagogie est hors l’éducation. Ce qu’elle enseigne c’est le SENS. L’éducation enseigne la soumission. Il faut aller aujourd’hui au delà des logiques, dans l’innommable, dans l’invisible, de l’autre côté des valeurs établies comme faisant sens.

Benjamin Sisqueille